
Précis de décomposition :
L’esprit et la pensée
Essai de considérations sur le cerveau.
On peut noter, à travers toute l’histoire intellectuelle scientifique et psychologique moderne, un comportement assez brutal et, sans doute, quelque peu réducteur, à considérer le cerveau uniquement comme un organe opérant par production, négligeant et laissant complètement de côté l’idée que le cerveau pouvait également opérer par soustraction et par masque.
C’est-à dire que l’idée de « production » seule, n’est pas assez adéquate pour exprimer l’activité du cerveau. C’est une approche quelque peu objectivante et extérieure qui montre ses limites, et fausse un peu le jeu…
Vu de l’extérieur, on pourrait le voir comme ça, et constater effectivement extérieurement que du-dit cerveau jaillissent des pensées, des idées, des images… Mais, vu de l’intérieur, que se passe-t-il ? L’activité en effet ne devient plus seulement et uniquement une activité de production mais plutôt en fait un travail de soustraction et de masque : l’on constate également bien des idées, pensées, images qui jaillissent du cerveau cependant on se doute et comprend, intérieurement, que pour ce même mouvement de production, de mise en relief et mise en évidence, se joue nécessairement en arrière-fond également un travail de sélection et de soustraction, c’est-à-dire que, pour s’insérer dans l’instant-action, et « produire », le cerveau a également besoin de masquer et de soustraire tout les informations et données dont il n’a pas besoin présentement et qui ne lui sont d’aucune utilité, et ce, afin de s’engager de manière adéquate dans l’instant-présent.
De plus l’activité de penser n’est pas forcément qu’une activité productive dans le sens où l’activité de penser nous isole également, d’une certaine manière, du monde environnant, en nous y soustrayant.
Il y a, en fait, à travers ce double mouvement du cerveau (production (+) ↔ soustraction(-)), une dimension de « contact », et d’ « interface » (connexion) qu’on ne laisse jamais transparaitre, et qui, pourtant semble-t-il, pourrait nous offrir des perspectives certainement plus riches et plus ouvertes qu’une simple opération de production.
La question pourrait également se poser comme suit :
Le cerveau produit-il l’esprit « substantiellement » ? Ou bien ne fait-il que se connecter ? Car dans ce cas, le cerveau pourrait être alors plutôt vu comme un organe de lecture et d’interface, qui s’occuperait d’établir une sorte de « contact » entre un monde immatériel et le monde physique.
Pour imager un peu plus la question, on pourrait tout à fait utiliser la métaphore des ordinateurs et d’internet.
Ainsi, le cerveau, serait-il une sorte de micro-processeur, avec disque dur ou bien plutôt seulement un micro-processeur simple sans disque dur mais avec une mémoire tampon et qui, par exemple, serait connecté à internet.
Et en l’occurence justement, toutes ces informations et données que constituent, par exemple, les souvenirs, la mémoire, les idées et les pensées, devons-nous, pour le cerveau, en parler en termes de possession ou bien plutôt en termes d’accessibilité ?
Et dans quelle mesure pouvons-nous ou devons-nous parler de « lieu » et de « conservation », en ce qui concerne les souvenirs ?
Car pourquoi, nécessairement à ces souvenirs, devrions-nous matériellement leur attribuer un « corps » ?
Des clichés photographiques se conservent dans une boite, des disques dans leurs boitiers, mais pourquoi des souvenirs qui ne sont pas des choses visibles et tangibles auraient-ils besoin d’un contenant ?
Et, ensuite, à propos du souvenir, pourquoi pas même se dire qu’il n’y aurait pas plusieurs souvenirs mais un seul, qu’en fait tout notre passé serait là derrière nous, que ce ne sont point les souvenirs qui s’effacent mais notre pensée du moment-présent qui les éclaire, plus ou moins bien, le scindant finalement en différentes parties…
Car il nous faut bien comprendre que quand nous regardons en arrière, quand nous nous surprenons à voyager ou à nous remémorer le passé, nous sommes toujours un instant présent en marche….
Autre question : Lorsque nous nous mettons à penser, l’espace d’activité se situe-t-il matériellement dans le cerveau ou bien devons-nous plutôt observer qu’il y a bien un phénomène qui se passe localement dans le cerveau mais qu’il est peut-être en même temps également question d’un autre espace, d’un autre lieu, qui lui serait non-localisable « matériellement » ?
Est-ce qu’alors nous devrions envisager une dimension extra-spatiale au sujet de la pensée ?
Sans vouloir faire référence à une entité mystérieuse en parlant d’un « autre » espace, on pourrait dire ici qu’il s’agit tout simplement de l’esprit (esprit qui, également d’une certaine manière et métaphoriquement, pourrait être aussi le « contenant » du souvenir) car c’est ce qui nous est peut-être donné comme étant le plus immédiatement accessible.
Le cerveau, est il juste un organe chargé de répondre à une sollicitation du monde physique, en mode question-réponse, action-réaction, joignant divers états émotionnels et affectifs selon les circonstances, emmagasinant savoirs, idées, références, et avec une activité qui se déroulerait, matériellement et mécaniquement, uniquement dans notre tête, ou bien devrions-nous plutôt le voir comme un organe qui, à chaque instant, entre, gère et équilibre un contact entre un espace « immatériel » et le monde physique, maintenant et stabilisant une certaine « vibration », influant sur le monde physique environnant en s’actualisant et en se « reliant » à l’esprit, aux pensées, aux souvenirs, à une mémoire individuelle mais également peut-être aussi à une sorte de mémoire plurielle, pour ne pas parler d’une sorte de mémoire de l’univers.
Car peut-être et également pouvons-nous même dire que nous baignons tous intégralement (physiquement et « psychiquement» ) dans une sorte de champ énergétique de vibrations-informations embrassant tout le règne vivant, la nature, nous-mêmes et l’univers tout entier ?
Aussi, le cerveau soutient-il une activité plutôt mécanique et matérielle de question-réponse action/réaction ou bien soutient-il une activité plutôt alchimique, sorte de processus à dimension « intégrationnelle » et, très certainement, énergétique ?
Car la pensée, au-delà de l’information qu’elle porte, communique également une certaine énergie-vibration et chaque pensée, qu’on l’exprime ou pas, influe sur notre être ou nos interlocuteurs.
Cette approche nous permettrait peut-être doucement de nous sortir d’une utilisation quelque peu abusive et réductrice de la pensée en tant que simple pensée-information (approche quelque peu symptomatique de notre culture occidentale moderne, fervente de la spéculation théorique et du « tout-intellectuel » ). Et, c’est peut-être un peu radical, mais on peut même se permettre de se demander si la pensée en tant que simple pensée-information existe bel et bien, si, finalement, elle ne se contente pas de faire du sur-place, « désincarnée », « dévitalisée », dans un endroit du réel (plan de dimension) où il ne se passe plus vraiment grand chose…
La pensée forme un tout en tant que pensée-information-vibration, et, semble-t-il nous nous faisons du tort à vouloir la considérer uniquement dans sa dimension informative…
Ainsi, en conclusion, nous nous demandions si le cerveau était donc un organe simplement producteur (bilarité – opposition « simple » > Noir/Blanc ) et donc chargé uniquement de « répondre » (activement ou passivement) aux sollicitations du monde physique, ou bien s’il était plutôt un organe « connecteur » et « interférant » (bilarité-opposition double dimension > Yin/Yang ou Anima/Animus )
Cela pourrait être une question intéressante car cela nous permettrait en un certain sens, de ne plus tant focaliser notre attention sur le discours, sur les mots, les idées « conceptuelles » et « affichées » mais, au contraire, de nous rendre plus attentifs à la vibration, au « courant » qui, par le biais des mots, circule et traverse le locuteur. Une certaine manière de réhabiliter la parole en tant que “souffle” et non en tant qu’approche conceptuelle et intellectuelle.
Cela pourrait être également une manière de nous détacher doucement de la conception quelque peu matérialiste de « possession et d’accumulation », en chacun de nous, d’idées, de savoirs, de connaissances, et de souvenirs…
Une manière également de doucement nous libérer d’un mouvement de boucle, qui, sans cesse, se retourne sur le passé, sur le connu pour avancer et s’orienter dans l’instant présent.
Ainsi le cerveau ne serait plus considéré uniquement comme un organe producteur (utilisation abusive moderne : industrialisation de la pensée ) mais plutôt comme un point de contact et de connexion entre un monde immatériel et le monde physique, et ainsi notre « tête pensante » serait également plutôt vue, au-delà des idées conceptuelles affichées, comme un genre de lieu de transit et de circulation d’énergie, se faisant au travers des mots.
Aussi, l’enjeu de référence qui, avant était jusqu’à présent plutôt celui de la constitution de la Vérité, du Vrai et du Bien en soi, extérieur et indépendamment de nous, pourrait peut-être enfin laisser sa place à un enjeu de référence plus subtil, plutôt vibratoire, énergétique et sensible, qui là se vivrait peut-être plus de l’intérieur…
Car on se rend bien compte que les notions de Vérité, de Vrai, de Bien et de Juste, sont très « relatives »…
… Et justement, en ce moment, on se surprend à remarquer qu’elles battent très sérieusement de l’aile….
Affaire à suivre…